Comment la TV nous manipule : le « Jeu de la Mort »

Dans mon dernier article « Expérience de Milgram et soumission à l’autorité », je vous montrais que 62,5% d’entre nous risquons un jour où l’autre de se comporter en véritable bourreau, malgré nous-mêmes et malgré nos propres valeurs ! Par « simple » obéissance… par soumission « bête et méchante » à l’autorité…

Pour cela je me suis appuyé sur l’expérience de Milgram, où l’autorité est représentée par un scientifique :

Mais savez-vous que d’après une version moderne de cette expérience, la télévision est capable d’obtenir des résultats encore plus édifiants ? Plongés dans un contexte particulier, 81% de votre entourage ne désobéirait pas si un jeu télévisé lui demandait de torturer…

Ce constat effroyable est tiré d’une expérience présentée dans le documentaire « Le Jeu de la Mort ». Ce documentaire a été coproduit par France Télévisions et la Radio Télévision Suisse1 en 2009, et diffusée pour la première fois en mars 2010.

L’expérience a été conduite par une équipe de chercheur dirigée par Jean-Léon Beauvois, professeur en psychologie sociale.

A quoi ressemblait l’expérience de la Zone Xtrême ?

On a demandé à 80 volontaires de participer à l’émission test d’un nouveau jeu, « La Zone Xtrême ». Ces volontaires n’avaient jamais participé à des jeux télévisés, et n’avaient jamais cherché à y participer…

Le principe de ce jeu ? Un candidat « élève » doit retenir une liste d’adjectifs associés à des mots. L’autre candidat, le « moniteur », placé devant un pupitre, questionne l’élève sur la liste de mots. A chaque mauvaise réponse de l’élève, le moniteur pousse une manette. La manette envoie une décharge électrique à l’élève. Les décharges sont croissantes, elles vont de 20V à 460V !

Au départ, chaque candidat est reçu par le producteur du jeu, en même temps qu’un autre « candidat ». L’autre candidat est en fait un complice, un acteur qui se fait passer pour un vrai candidat, appelé Jean-Paul.

Le producteur leur énonce les règles du jeu. On fait un tirage au sort truqué : Jean-Paul sera l’« élève », et le vrai candidat sera le « moniteur ».

Les différences avec l’expérience de Milgram

On pourrait considérer cette version comme une variante de l’expérience de Milgram, car il existe plusieurs différences avec celle-ci:

Une animatrice TV au lieu d’un scientifique

On note déjà cette différence essentielle : au lieu de se dérouler dans un laboratoire, l’expérience se passe dans le contexte d’un jeu télévisé. L’autorité scientifique et donc remplacée par l’autorité de l’animatrice TV (Tania Young).

L’animatrice incarne donc le pouvoir télévisuel, quand la blouse blanche du scientifique incarnait le pouvoir de la science.

Un contexte ludique

La notion de jeu apporte une dimension ludique à l’expérience. Cette dimension favorise donc une certaine confusion. Elle masque en quelque sorte la gravité de la situation, l’aspect réel et dangereux des décharges électriques, et des souffrances qu’elles infligent.

Des enjeux plus imposants

Désobéir n’a pas les mêmes conséquences selon les deux expériences. Le poids, la pression, les enjeux sont certainement plus importants dans le cas de l’émission télévisée. En effet, dans le cas du laboratoire, désobéir revient à mettre en difficulté un protocole scientifique. En revanche, dans le cadre de la TV, désobéir veut dire nuire au dispositif médiatique qui a été mis en place, ça veut dire gâcher le travail et les sommes d’argent qui ont été investis. Ça veut dire aussi, aller contre son envie de passer à la TV…

Une pression plus grande

Dès son arrivée dans les studios, chaque candidat est suivi par un preneur de son et un cameraman. On filme ses moindres faits et gestes. Il rencontre le « producteur ». Sur le plateau, il est assis dos au public. En face de lui, un écran lui renvoie sa propre image, et celle de l’animatrice. Le dispositif est donc plus spectaculaire que dans l’expérience originelle de Milgram : le candidat est seul face à un système !

La présence d’un public

La pression est encore renforcée par la présence du public. Ce public surexcité est entraîné par un chauffeur-de-salle et pousse le candidat à aller jusqu’au bout. L’influence du public est essentielle.

Le candidat se met dans la peau d’un personnage

Face à tout ce système, le candidat devient une espèce de personnage. Il fait ce qu’on lui dit, il se conforme du mieux qu’il peut à ce qu’on attend de lui. Il essaie d’être le « bon candidat ».

Les 5 injonctions

Dans l’expérience de Milgram, le scientifique poussait le « candidat » à continuer, en utilisant progressivement ces 4 phrases :

  1. Veuillez continuer s’il vous plaît.
  2. L’expérience exige que vous continuiez.
  3. Il est absolument indispensable que vous continuiez.
  4. Vous n’avez pas le choix, vous devez continuer.

Dans l’expérience TV, les injonctions ont été adaptées :

  1. Ne vous laissez pas impressionner, continuez.
  2. Le jeu exige que vous continuiez. (/ Vous devez continuer, c’est la règle./ C’est la logique du jeu, continuez. )
  3. Nous assumons toutes les conséquences, continuez.
  4. Dans 10min il vous remerciera, continuez.
  5. Vous ne pouvez pas empêcher le candidat de gagner : qu’en pense le public ?

La 5ème et dernière injonction est bien sûr la plus pesante, car elle fait appel au public…

Alors ? Comment les candidats ont-ils réagi ?

Première surprise : les candidats ont tous accepté de participer. Souvent on les entendait rire et dire « de toute façon, c’est pas moi qui prend la décharge ».

Sur le plateau, on les voit rigoler quand ils entendent Jean-Paul crier. On les voit aussi se tourner vers l’animatrice et attendre une réaction de sa part. Il insistent auprès de l’animatrice : « Je crois qu’il a dit qu’il fallait arrêter… ». Et suite aux injonctions de l’animatrice, ils finissent malgré tout par pousser les manettes et envoyer les décharges électriques. On les entend alors s’excuser : « Je suis désolé Jean-Paul, je vais envoyer une décharge de 200V », « Jean-Paul, attention à la Châtaigne ». C’est vrai que si on le prévient ou si on s’excuse, Jean-Paul doit avoir moins mal… Non ?

Et le public dans tout ça ?

Là encore le résultat est effrayant. Une partie du public, au moins, ne savait pas que le jeu était bidon. Combien de personnes se sont levées pour réagir ?

Combien ? ZERO. Au contraire, le public suivait le chauffeur-de-salle et encourageait le candidat à pousser les manettes. Si personne n’a réagi dans le public, c’est sans doute parce que chacun redoutait ce sentiment de solitude que le candidat vivait.

Une autre raison doit aussi être prise en compte : il s’agit du phénomène identifié par Gustave Le Bon dans les années 1920… L’idée, c’est que plus on est nombreux, moins on réagit face à un acte violent. Par exemple en cas d’agression dans un lieu public, plus il y a de monde, moins on réagira individuellement. Car on sent notre responsabilité diluée dans la masse.

Qui sont les candidats « parfaits » ?

Ce que j’appelle le candidat parfait, c’est le candidat qui obéit et va jusqu’au bout. Si j’utilise le mot « parfait », c’est donc ironique…

Quoique justement, ce candidat parfait a justement le profil d’une personne « parfaite » dans sa vie quotidienne. Et c’est précisément pour les mêmes raisons qu’il ne désobéit pas lors de l’expérience…

En effet, on a remarqué que les personnes dites « consciencieuses » et/ou « aimables » se sont plus facilement soumises à l’autorité de l’animatrice. Les personnes très adaptées socialement se sont retrouvées prisonnières de ce système, comme prises au piège. La faute aux qualités sociales qu’elles ont justement développées ! Inversement, les personnes qui ont tendance à se rebeller dans la vie réelle ont désobéi plus facilement dans le jeu « La Zone Xtrême ».

Pourquoi les candidats ont-ils joué le jeu ?

Voici l’explication proposée par le documentaire :

La clé se trouve dans l’obéissance.

Nous sommes tous obéissants… parce que vivre ensemble, c’est se plier à des règles ou à des lois auxquelles nous devons obéir.

Ces lois nous les avons apprises dès notre naissance.

Enfant, nous apprenons des règles de vies, parce que nos parents nous donnent des ordres.

Quelques punitions nous ont appris qu’on ne défie pas leur autorité sans conséquences.

Peu à peu, nous savons reconnaître les autorités qui sont légitimes à nous donner des ordres : prof, parent, médecin.

Nous n’obéissons pas à n’importe qui…

Devenus adultes, nous nous plions aux mêmes règles : sur la route, au travail, dans la vie de tous les jours,.

Mais face à des ordres abjects, l’histoire du XXe siècle est censée nous avoir appris à y désobéir…

Les mécanismes d’obéissance se mettent en place dès le bureau du producteur

Les mécanismes d’obéissance sont apparus dès le début, dès la rencontre avec le producteur.

D’un côté il y a des enjeux et des exigences, le poids de la TV, d’un système.

De l’autre il y a un individu isolé. Cet individu est venu se mettre au service de quelqu’un. Il est seul, personne n’est là pour lui dire « Attention à ce que tu fais. »

Cet individu transporte des valeurs avec lui. On peut les classer en 2 catégories :

  • Certaines de ces valeurs sont compatibles avec ce que l’individu vient d’apprendre : le jeu consiste simplement à poser 27 questions, etc. C’est parce que ces valeurs sont compatibles avec le jeu, que l’individu accepte le « contrat » qu’il passe avec l’émission.
  • D’autres valeurs sont incompatibles, et freinent l’individu… sans pour autant le pousser complètement à refuser.

Il existe en effet une différence fondamentale entre cet individu, et un employé qui recevrait un ordre de sa direction. Dans le cas de l’employé, celui-ci peut être soutenu par ses collègues. Il pourrait donc être aidé par un « collectif ». Au contraire, dans le cas de l’individu qui participe à l’émission, celui-ci se retrouve isolé, sans aucun soutien : il est rigoureusement seul.

Comme tous les êtres seuls confrontés à un pouvoir, il n’a pas de défense et devient donc obéissant. Il accepte donc de se plier aux règles qu’on lui impose.

Les mécanismes d’obéissance se renforcent dès l’arrivée sur le plateau

Quand le candidat arrive sur le plateau, il doit gérer de nombreux facteurs.

Le premier facteur qu’il doit gérer, c’est sa propre image. C’est probablement la première fois de sa vie qu’il passe à la TV !

Ensuite le candidat doit faire face à un système énorme: il se retrouve face aux caméras, à l’éclairage, aux techniciens, au public, au jeu, et bien sûr à l’animatrice qui incarne l’autorité.

La tension est immense. Le candidat se dit alors « Je ne ne peux pas tout faire, je dois donner des priorités à mes valeurs. ». Alors il décide d’être celui qu’on attend de lui. Il va sourire, lancer quelques blagues, etc. Il va se mettre en « mode automatique » : « On me donne des ordres, j’obéis. »

Le candidat va mettre de côté sa propre conception de la situation, il va adopter la conception de l’animatrice. A partir de ce moment-là, le candidat devient un « agent d’exécution ».

L’obéissance est renforcée par l’escalade d’engagement.

Un nouveau phénomène va intervenir dès le moment où le candidat aura poussé la première manette : c’est l’engagement. Le pupitre porte 23 manettes réparties en 8 zones. Chaque poussée de manette engage le candidat dans la situation, donc dans l’obéissance.

Cet engagement va mettre le candidat dans un état bien particulier, qui est le cœur de l’expérience. Cet état, Milgram l’avait appelé l’ « état d’agent », où le candidat n’est plus qu’un simple agent qui exécute les ordres qu’on lui donne.

Prenons une personne qui se considère autonome, capable de prendre des décisions, de réfléchir, de mener sa vie de manière indépendante. Cette personne tombe dans l’« état agentique », quand elle se retrouve au milieu d’un système, dans lequel quelqu’un, avec un statut supérieur, va lui donner des ordres : « fais-ceci », « fais cela ». Alors à ce moment-là, la personne va se considérer comme un simple agent d’exécution.

Le problème quand la personne tombe dans cet état, c’est que même si elle entrevoit qu’on lui demande une chose contraire à ses idées, elle va obéir. Car elle va devenir l’obligée de celui qui représente l’autorité, elle va se mettre au service de cette autorité. Cet état va bloquer sa pensée, la personne va se comporter comme elle pensera que l’autorité attend qu’elle se comporte…

La première phase : 80V et la première douleur de Jean-Paul

J’appellerai les candidats les « questionneurs », pour reprendre le terme utilisé dans le documentaire.

De façon générale, quand une personne commence à comprendre qu’un système auquel elle a accordé sa confiance est incompatible avec son propre système moral, cette personne ressent une très grande tension.

C’est ce qui se passe lorsque le questionneur pousse la manette des 80V (4ème choc électrique) : Jean-Paul pousse alors un « Aïe ».

A ce moment précis, 70% des questionneurs ont la même réaction : ils rigolent !

Pourquoi rient-ils ? Parce que le rire est un exutoire. Le rire permet d’extérioriser la tension de la personne, le rire permet d’évacuer la tension que cette personne a accumulée. Le rire permet donc de calmer la personne, de lui rendre la situation supportable, et par conséquent de pousser cette personne à faire un pas de plus vers l’obéissance…

Le rire est une réaction psychosomatique qui joue le même rôle que la transpiration ou les tremblements, il est indépendant de la volonté de la personne…

Plus le questionneur va pousser de manettes, plus les réactions de Jean-Paul vont être tragiques et implorantes. Les rires vont diminuer… Le rire ne suffira plus à calmer la tension des candidats. On arrive à la deuxième phase de l’expérience…

La deuxième phase : 180V et la victime demande qu’on arrête

A cette étape-là, Jean-Paul demande qu’on arrête le jeu.

Le questionneur se retrouve alors dans l’obligation de faire un choix :

  • soit il écoute son partenaire qui demande qu’on arrête…
  • soit il obéit à l’autorité qui exige qu’on continue…

Face à ce dilemme, 17% des candidats vont contourner le problème en se mettant à tricher : ils évitent ainsi d’affronter l’autorité…

Comment vont-ils tricher ? Pour cela, ils vont mettre en valeur la bonne réponse, il vont appuyer sur cette bonne réponse lorsqu’ils vont la lire à Jean-Paul…

Tricher, c’est une façon de contester la règle du jeu, c’est donc une forme de désobéissance légère…

Mais tricher permet aussi de déculpabiliser, comme le rire qui faisait baisser la tension…

Le problème, c’est que ce stratagème va renforcer l’obéissance : le candidat se sent mieux… son stress est canalisé vers une action positive… il se donne bonne conscience… « on peut continuer » !

La troisième phase : 320V et la victime refuse de répondre

A ce stade, Jean-Paul crie : « Je refuse de répondre. », il veut donc boycotter le jeu.

Le questionneur doit alors faire face à un nouveau choix, similaire au précédent: arrêter ou bien continuer, écouter son partenaire ou bien écouter l’autorité…

A ce stade, la plupart des questionneurs n’osent toujours pas affronter l’autorité.

Comment vont-il résoudre ce dilemme ?

Les questionneurs vont alors résoudre leur dilemme en niant la victime : 70% des questionneurs vont parler par dessus les cris de Jean-Paul.

En faisant cela, les questionneurs vont mettre de la distance entre Jean-Paul et eux. C’est une façon de se cacher les conséquences de leurs actes.

C’est une manifestation précise de l’ « état agentique » : les questionneurs deviennent sourds et lisent en pilote-automatique !

Milgram appelait cela la « dérobade ».

A ce stade, les questionneurs veulent en finir vite. C’est aussi pour cela qu’ils nient les supplications de Jean-Paul…

La quatrième phase : 380V – le silence de la victime

Aux 380V, Jean-Paul ne parle plus, c’est le grand silence, on n’entend plus rien…

Quand on interroge après coup les questionneurs obéissants, 15% d’entre eux affirment ne pas avoir cru à la situation…

Pourtant, parmi ces personnes, certaines ont eu des manifestations de stress très claires, ce qui prouve qu’elles étaient sensibles aux manifestations de Jean-Paul. Donc qu’elles y croyaient…

Parmi ces personnes, certaines aussi ont triché (comme je l’ai dit plus haut). Si ces personnes pensaient que le jeu était truqué, alors pourquoi ont-elles triché ? Le fait d’avoir triché prouve donc qu’on y croyait…

Pourquoi nier, alors ?

Eh bien, en niant l’évidence, ces personnes ont trouvé une excellente technique pour obéir. Nier l’évidence, ça élimine toute raison de stresser…

Face à leur conflit intérieur, ces personnes se sont dit : « c’est trop fou, donc ce n’est pas possible ». Ces personnes ont donc résolu leur conflit intérieur en faisant un pari fou, celui que « la TV ne peut pas oser ça… »

Mais au fond, qu’est-ce qu’ils en savent ? Dans le doute, ils ont choisi de faire confiance à l’autorité !

Les désobéissants

Le jeu ne présentait aucun risque de répression. Il n’était même pas question d’argent puisqu’il s’agissait d’un test pour l’émission. Et les candidats le savaient parfaitement.

On s’attendait donc logiquement à une désobéissance massive…

Et pourtant, seulement 16 personnes sur les 80 ont refusé d’aller jusqu’au bout.
Seulement 16 personnes ont eu le cran de transformer le « je dois » en un « je ne veux pas ».
Seulement 16 personnes sont allées au bout de leur combat contre l’autorité.

Pourquoi si peu de personnes ont été capables de désobéir ?

Parce que savoir dire non ne s’improvise pas.
Comme il est dit dans le documentaire, refuser, ça s’acquière grâce à des expériences antérieures, à notre éducation, à une transmission ; et tout le monde n’a pas eu la chance d’apprendre à dire non…

Pour les non-désobéissants, le fait de désobéir demande un effort considérable. Ils n’ont pas trouvé la réponse à cette question intérieure : « Est-ce que ça se fait de se lever ? »

Il auront donc choisi d’autres façon d’exprimer leur désaccord. Par exemple, certains auront essayé de négocier ; ils seront restés dans leur état de subordonné mais auront fait comprendre qu’ils n’en pensaient pas moins, à travers leurs regards et leurs expressions…

Positivons !

Pour résumer, on pourrait dire que cette expérience fait froid dans le dos car ces personnes qui se sont transformées en bourreau l’espace d’un jeu n’avaient jamais fait de mal à personne ; elles ne voulaient pas faire souffrir Jean-Paul, et pourtant elles s’y sont résolues. Ces personnes ne sont ni sadiques, ni lâches, ni amorales. Aucune n’a pris plaisir à participer à l’expérience…

Le bon côté, c’est que d’autres variantes ont été menées en parallèle, où l’animatrice disparaissait en cours d’émission, confiant au candidat le soin de continuer l’interro de Jean-Paul. A ce moment-là, les candidats n’ont pas abusé de leur pouvoir pour faire souffrir Jean-Paul : 75% des questionneurs ont désobéi et ont arrêté le jeu, cette fois.
Ce qui prouve à quel point l’autorité et le poids de celle-ci peuvent modifier nos comportements, et nous pousser à agir d’une façon contraire à nos propres valeurs et nos propres principes…

 

Et vous ? Pensez-vous être rebelle, ou pensez-vous vous soumettre toujours face à l’autorité ?

 

Commentaires

  1. Rémy a écrit

    Je reste assez dubitatif quant à la valeur de ces expériences et surtout de leurs conclusions.
    Les candidats sont mis volontairement dans une situation où on leur demande de jouer un rôle ET dans un contexte de jeu ou expérimental, donc l’expérimentateur met volontairement le candidat dans un état d’esprit où celui-ci sera tenté de minimiser l’importance des faits sous le prétexte du contexte. Pourquoi s’étonner alors que les gens se prennent au jeu…et comment pondérer les résultats de ces expériences ?
    D’autres types d’essais – plus « réalistes » – existent mais quoiqu’il en soit ils nécessitent toujours une mise en condition du candidat ou un scénario pour le pousser dans ses derniers retranchements. Donc quid de considérer que la personne a une attitude « normale », ou qu’elle prend telle ou telle décision alors qu’elle est sous le poids d’une mise en condition préalable comme dans les tests de Milgram ? La même personne peut se comporter de deux façons opposées suivant les circonstances.

  2. Aurélien a écrit

    Vous êtes vraiment, vraiment, vraiment très stupide. Je crois que la seule expérience qui a été menée ici, c’est de savoir à quel point le public qui regardait cette émission était manipulable. On vous a fait une inception les gars, c’est de votre g****e qu’on se foutait. Cette émission est si truquée, avec des acteurs en deçà des radars de bad acting que ça en est humiliant si vous avez cru à cette farce une seconde. Les moutons dociles ça n’était pas eux, c’était ceux qui regardaient ça les yeux écarquillés devant leur poste en se flattant d’être dans les camps des courageux résistant. S*****e télévisuelle acquise. Vous avez été b****s.

    • Remi a écrit

      Bonjour Aurélien,

      Merci de rester respectueux.

      Merci aussi d’avoir donné votre point de vue.
      Si je vous comprends bien, pour vous les personnes qui poussaient les manettes étaient des acteurs ? Personnellement je n’y crois pas.

      En revanche je suis d’accord sur un point : je pense que sur la forme ce « documentaire » peut être critiqué (musique d’Orange Mécanique, raccourcis, conclusions hâtives, utilisation des bonnes vieilles recettes de la télé-réalité qui y sont justement attaquées, etc.). D’ailleurs, peut-on vraiment parler de « documentaire » ?

      Je trouve intéressant aussi le 2ème niveau de lecture qu’on peut avoir :
      – Faut-il croire ce qu’on me montre ? Si je crois en ce documentaire, est-ce que je ne me soumets pas moi aussi à la TV, à ce qu’elle dit ?
      – Et moi, dans tout ça ? Comment aurais-je réagi ?

      Le plus intéressant dans ce documentaire, c’est peut-être la réaction qu’il provoque chez certains : « c’est truqué », « il faut être stupide pour y croire », « les gens savaient », « ils ont choisi des abrutis », « les candidats étaient des acteurs », « c’est pas scientifique », etc.

      Alors j’aimerais poser ces questions :

      Demain, face aux bouleversements écologiques (réchauffement climatique, pollution, disparition d’espèces, etc.) que nous aurons tous provoqués, combien de nos enfants ou petits-enfants diront :
      « Comment ont-ils pu faire cela, alors qu’ils le savaient tous ? Nos parents/grands-parents étaient des lâches/idiots/égoïstes, moi je me serais rebellé! »

      Et aujourd’hui, combien sommes-nous à continuer de polluer, parfois (souvent?) pour notre simple confort : nous continuons à utiliser notre voiture malgré tout, nous continuons à acheter des fruits et légumes traités avec des produits polluants, nous continuons à acheter des produits dont les emballages pourraient être réduits, nous continuons à consommer de l’électricité nucléaire, etc.

      Nous savons que notre mode de consommation nuit à notre planète, nous pensons que c’est mal, nous critiquons, mais nous n’arrêtons pas radicalement. Combien, parmi nous, ont eu le courage (et la possibilité) de se rebeller VRAIMENT : n’acheter que des produits bio, locaux, et de saison, n’utiliser que des moyens de transports non-polluants (= marche, vélo, ou cheval…), baisser leur chauffage de façon significative (et pourquoi pas l’arrêter?), etc.

      Nous faisons parfois des efforts, c’est vrai. Tout comme ces candidats qui essayaient de souffler les bonnes réponses à la personne qu’ils électrocutaient, afin de se donner bonne conscience…

      Je ne veux pas rentrer dans un débat écologique, ce n’est pas la question.

      La question, c’est : pourquoi les personnes qui se rebellent (VRAIMENT) face ce désastre planétaire sont-elles si peu nombreuses?

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