S’affirmer, c’est communiquer sans violence

Je reçois de nombreux messages de personnes qui souffrent de l’agressivité de leur entourage. Pourtant cet entourage n’est pas forcément malveillant. Et l’agressivité n’est pas voulue. Alors que se passe-t-il ?

Le problème, c’est que nos propos peuvent rapidement devenir agressifs, même si à l’origine nous étions plein de bonnes intentions. Nos paroles blesseront notre interlocuteur, malgré nous. Cette personne risque de ressentir de la colère, et nous blessera à son tour quand elle s’exprimera. C’est stupide, mais voilà comment certaines disputes démarrent. Bêtement. Comment éviter cela ?

Pour éviter cette escalade, nous devons surveiller la manière dont nous formulons nos idées quand nous parlons. C’est un point essentiel dans l’affirmation de soi. En effet, s’affirmer c’est se faire respecter tout en respectant l’autre. En faisant attention à ce que nous disons, nous évitons donc de heurter notre interlocuteur. Nous lui parlons avec respect. Il ne se sent pas agressé. Il ne se met pas sur la défensive. Il est donc plus disposé à écouter notre demande.

Voyons tout de suite 4 grandes erreurs à éviter :

Les jugements moralisants

Les jugements moralisants, ce sont les phrases de ce genre :

  • « Il est égoïste » ;
  • « Elle est bête » ;
  • « C’est n’importe quoi » ;
  • « Tu dis n’importe quoi » ;
  • « C’est faux » ;
  • « Ton problème, c’est que tu t’en fous » ;
  • Les reproches, les étiquettes, les comparaisons, les insultes, etc.

Quel est le défaut de ces phrases ?

Leur défaut, c’est qu’elles consistent à émettre un jugement sur l’autre : nous jugeons si c’est « bien » ou « mal », si c’est « juste » ou « faux ».

Et pour savoir si quelque chose est « bien » ou « mal », nous comparons cette chose à nos propres valeurs.

Par exemple, le collègue de Paul quitte son poste alors que l’équipe a pris du retard sur le projet. Pour Paul, il est indispensable de rattraper ce retard le jour même, et de commencer la journée du lendemain en étant à jour. Paul va alors juger le comportement de son collègue : « Il se fiche de son travail ; il est égoïste en nous laissant finir sans lui ; il a tort de partir ; c’est un tir aux flans ; c’est un paresseux… »

D’après les valeurs de Paul, « il faut » rester au travail.
D’après les valeurs de son collègue, « il faut » partir chercher les enfants à l’école et les aider à faire leurs devoirs.

Le problème, c’est que nos valeurs nous sont propres. Elles sont personnelles. Elles ne sont pas universelles. Elles changent donc d’une personne à l’autre. Personne n’a vraiment tort ni raison. C’est juste une question de point de vue…

Jetez un coup d’œil sur cet article qui parle des axes de vies : « Nos 10 axes de vie »

Les comparaisons

Si vous comparez une personne à une autre, vous réalisez aussi un jugement :

  • « Emilie n’est pas aussi douée que Stéphanie » ;
  • « Bertrand est plus égoïste que Philippe » ;

Il y a donc un risque à comparer quelqu’un à un autre.

D’ailleurs, il suffit de regarder autour de nous, et de nous comparer nous-même aux autres : nous trouverons toujours quelqu’un de plus fort que nous dans un domaine…

Nous trouverons toujours quelqu’un capable de travailler plus vite,ou mieux ; quelqu’un qui aura une plus belle voiture ou une plus belle maison ; quelqu’un qui cuisinera de meilleurs plats que nous ; etc.

Se comparer aux autres, ou comparer les uns aux autres est donc un exercice risqué : c’est un bon moyen de nous couper de notre bienveillance initiale…

Dans ce contexte, les discussions pourraient dégénérer. Involontairement…

Les exigences

Une autre erreur, c’est d’exprimer nos besoins et nos désirs sous forme d’exigences.
Par exemple, au lieu de dire « J’ai besoin que… », « J’aimerais que… » ou « Je souhaite que… », nous allons exiger : « Tu dois… », « Il faut que tu… ».

Parfois nous laisserons planer la menace d’un reproche ou d’une punition : « Tu ferais bien de… », « Il vaudrait mieux pour toi que tu… », « Si tu ne veux pas me décevoir, tu devrais… », « Si tu ne fais pas ce que je te demande, alors… »

Le refus de responsabilité

Nous avons (souvent) tendance à nier notre part de responsabilité quand nous nous exprimons.

Par exemple nous allons dire :

  • « Il faut que tu… »
  • « Tu me rends [sourd]… »
  • « Je suis obligé de… »
  • « Le chef veut que… »
  • « Je dois faire ça en tant que parent… »

Dans ces phrases nous rejetons la responsabilité sur notre interlocuteur, ou sur quelqu’un d’autre. Mais jamais sur nous…

Pourtant ces phrases cachent nos PROPRES besoins et souhaits :

« Tu me rends sourd avec ta musique» =>

« J’ai besoin de calme, j’aimerais que tu coupes la musique. »

Elles cachent aussi des choix que nous faisons et dont nous sommes responsables :

« Le chef veut qu’on fasse çà. » => « J’ai choisi d’obéir au chef, et je te demande donc de… »

« Je dois faire ça pour mon fils. » => « J’ai décidé d’être un parent responsable, alors je vais… »

 

Pour résumer cet article, notre façon de nous exprimer peut entraîner des tensions… malgré nous. Nous devons donc surveiller la manière dont nous formulons nos idées.

Pour cela, nous pouvons éviter de porter des jugements, de comparer les uns aux autres, et d’exprimer nos désirs et besoins sous forme d’exigences. Nous devrions aussi apprendre à reconnaître et à accepter notre responsabilité, car celle-ci est engagée plus souvent que nous le croyons…
Lire cet article, c’est bien. Passer à l’action, c’est mieux…

Et pour passer à l’action, la première étape c’est de se souvenir de cet article :

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